Atelier

Le laboratoire des questions robustes

Un atelier pour explorer ce qui contribue à notre mission, reconnaître nos fragilités et formuler ensemble des questions qui ouvrent des possibilités.

En bref

Une heure pour changer de regard et ouvrir une enquête collective. À partir de leurs tâches et de situations vécues, les participant·es explorent l’articulation entre performance et robustesse, puis élaborent des questions pour leur organisation et son écosystème.

  • Public : équipes, responsables d’organisations, associations et collectifs en transition.
  • Durée proposée : 60 minutes ; prévoir 90 minutes pour approfondir les échanges.
  • Organisation proposée : tables de 4 à 6 personnes ; adapter leur nombre à la taille du groupe.
  • Modalités : en personne ou en ligne, avec le même déroulement.
  • Préparation : une personne qui facilite, familiarisée avec la robustesse et la discussion collective.
  • Récolte : des questions à approfondir, une question choisie par chaque table et une prochaine conversation à organiser.

Pourquoi travailler les questions ?

Une réponse rapide peut améliorer une pratique sans interroger ce qui produit nos fragilités. Une question féconde permet de regarder autrement une situation, de rendre visibles les désaccords et d’explorer plusieurs chemins.

La robustesse peut être encouragée par les dirigeant·es ; elle se construit avec les équipes, les personnes concernées et les partenaires. L’atelier invite donc à ouvrir des espaces de discussion et d’initiative, au plus près des situations vécues.

Préparer l’atelier

En personne : des post-its, des feutres lisibles, un mur ou de grandes feuilles, un support de présentation et un minuteur. Préparer une surface pour les tâches, puis une surface pour les questions.

En ligne : une visioconférence avec des sous-groupes, un tableau partagé ou le support interactif de l’atelier et un minuteur. Vérifier avant le début que chacun·e sait ajouter et déplacer un post-it. Prévoir une contribution orale relayée par une autre personne si nécessaire.

Conserver les mêmes petits groupes pendant les deux laboratoires. Expliquer ce qui sera conservé ou partagé après l’atelier. Les personnes peuvent choisir une situation sans révéler d’informations confidentielles.

Une idée par post-it. Écrire assez court pour être lu par le groupe. Le déplacement d’un post-it sert la discussion : ce n’est pas une note attribuée à une personne ou à son organisation.

Le déroulement: 60 minutes, en personne comme en ligne

0-5 min · Partir de la mission et des tâches

Consigne : « Parmi vos tâches, lesquelles contribuent le plus à votre mission ? » Chacun·e propose deux ou trois tâches concrètes. Les recueillir sans les classer immédiatement. Demander quelques précisions : pour qui, dans quelles conditions, avec quels effets ?

5-17 min · Découvrir la robustesse

Introduire la capacité à maintenir stabilité et viabilité malgré les fluctuations. Explorer ce que rendent possibles des marges de manœuvre, plusieurs relais, la diversité et les liens. Relier ces repères à quelques tâches recueillies.

La performance ponctuelle et locale garde sa place. Le problème apparaît lorsque l’optimisation permanente élimine les possibilités dont nous avons besoin pour durer.

Olivier Gourment anime la première partie de l’atelier avec les participant·es réunis autour de lui.

Photo : Olivier Gourment anime la première partie de l’atelier. Crédit : Antoine St-Germain.

17-25 min · Replacer les tâches et discuter

Sur une ligne Performance / Robustesse, inviter les personnes à déplacer leurs post-its et à expliquer leur lecture. Autoriser les positions intermédiaires et les points d’interrogation. Une même tâche peut soutenir la mission tout en créant une dépendance ou en épuisant des ressources.

Repère : ceci est une simplification ; le défi de la robustesse est d’articuler une performance ponctuelle et locale. Le côté Robustesse représente plutôt des sous-optimalités émergentes. Le placement ouvre une discussion ; il ne mesure pas la robustesse de l’organisation.

25-35 min · Premier laboratoire de questions

En petits groupes, choisir une situation vécue. Consigne : « Quelles questions nous aideraient à rendre notre organisation plus viable malgré les fluctuations ? » Prendre d’abord un court temps individuel, puis échanger et recueillir les questions, sans exiger de réponse immédiate.

Les participant·es discutent en petits groupes autour des tables pendant la deuxième partie de l’atelier.

Deuxième partie : les échanges aux tables nourrissent et font évoluer les questions — camp d’été de Transition en Commun, 27 août 2026.

Une question féconde est compréhensible, liée à un enjeu réel, ouverte à plusieurs réponses et assez accueillante pour être reprise par d’autres. Elle permet d’examiner nos façons de faire et nos présupposés. Vérifier qu’elle ne contient pas déjà la solution attendue ou un reproche déguisé.

35-40 min · Changer d’échelle

Présenter quatre repères pour regarder le système : - Événements: ce qui se passe - Structures: les relations, règles et mécanismes - Objectifs: ce que nous cherchons à accomplir - Croyances: les valeurs et présupposés qui orientent nos choix.

Ces repères viennent de l’Action Scales Model, dans la lignée des leviers de changement de Donella Meadows. Les catégories peuvent se chevaucher : demander ce que la question cherche réellement à interroger.

40-52 min · Deuxième laboratoire : affiner et enrichir

Reprendre les premières questions. Les placer sur les quatre repères, en discuter, en reformuler certaines et en ajouter. Consignes : « Que laisse cette question dans l’ombre ? Qui devrait participer à cette conversation ? Quelle règle, finalité ou évidence pourrait-on interroger ? »

Chaque table retient une question qu’elle souhaite faire vivre. Conserver aussi les questions abandonnées ou reformulées : elles rendent visible le cheminement.

52-60 min · Récolter et préparer une suite

Partager la question retenue par chaque table et ce qui a changé dans sa formulation. Terminer avec : « Avec qui allons-nous poursuivre cette enquête, et dans quel espace ? » Garder une trace des questions et de cette prochaine conversation.

Protéger ces huit minutes de clôture, quitte à limiter le nombre de restitutions intermédiaires. Pour une version de 90 minutes, ajouter dix minutes à la discussion des tâches, dix au deuxième laboratoire et dix à la récolte.

Des questions issues de la deuxième édition

Le 30 septembre 2026, une deuxième édition a été proposée en ligne à des dirigeant·es d’OBNL québécois dans le programme Philagora de la Fondation J. Armand Bombardier. Voici quelques questions effectivement recueillies ; leur formulation originale est conservée.

  • « Quelles sont les fragilités au niveau des connaissances (projets, processus, etc.) »
  • « Comment réduire l'impact de l'absence des personnes critiques »
  • « Qu'est-ce qui fait que les équipes sont sursollicitées ? »
  • « Quels sont nos critères de priorisation ? »
  • « Est-ce notre mission répond encore bien au besoin de notre organisation et de la population que nous desservons ? »
  • « Comment introduire la robustesse alors qu'on a un contexte sociétal de performance ? »

Pour animer la discussion : la question sur l’absence de personnes critiques peut ouvrir l’examen des relais et du partage des connaissances. Celle sur la mission interroge la pertinence de la finalité poursuivie. Ce sont des pistes de lecture proposées après l’atelier, à discuter avec les personnes concernées ; elles ne constituent pas un classement validé par le groupe.

La clôture prévue n’a pas pu être menée à terme lors de cette édition. Le déroulement proposé ici lui réserve un temps explicite. L’atelier continue ainsi d’évoluer à partir de son usage.

Une première expérience avec Transition en Commun

Le 27 août 2026, au camp d’été de Transition en Commun, une trentaine de personnes engagées dans la transition socio-écologique ont exploré les injonctions de performance et formulé des questions pour leurs organisations.

Voir la publication de Transition en Commun.

La récolte complète de cette première édition est conservée ci-dessous. Elle témoigne des échanges et peut servir de point de départ à une nouvelle discussion.

Ressources et attribution

Atelier conçu et animé par Olivier Gourment. Cette fiche conserve la licence CC BY-SA indiquée sur la page d’origine. La photographie est créditée à Antoine St-Germain ; aucune nouvelle licence ne lui est attribuée ici. Les supports associés conservent leurs mentions de licence propres.

Faites vivre cette pépite

Après votre atelier, partagez les questions qui ont évolué, ce qui a facilité la discussion et ce que vous adapteriez. Une question pertinente dans un contexte peut avoir besoin d’être reprise ailleurs. Le laboratoire est un commun à enrichir par l’expérience.

Les 56 questions de la première édition — récolte originale
  1. que pensent réellement les citoyens du plan de développement racial? Ça leur convient-il à 100%
  2. quel est le besoin réel?
  3. quels sont les risques?
  4. pourquoi (intention)?
  5. interroge-t-on suffisamment les inconforts?
  6. quels sont les privilèges individuels qui me sont propres et qui peuvent servir à accompagner les autres dans leur transition?
  7. comment bannir les injonctions culpabilisantes?
  8. comment tu te sens?
  9. que souhaite-tu réaliser en faisant cette action?
  10. qu’est-ce que ça permet de faire, ce que tu fais?
  11. en faisant cela, où te vois-tu dans 5 ans?
  12. en quoi c’est important pour toi de faire ça?
  13. comment peux-tu te reposer tout en étant présente pour ton mouvement / organisation?
  14. comment faire notre recherche d’alignement pour être régénératrice?
  15. comment est-ce que notre action peut être régénératrice?
  16. comment peut-on rendre la friction “productive”?
  17. comment créer du sens? (de ce qu’on fait / traverse)
  18. comment agir aujourd’hui tout en développant la capacité de demain?
  19. comment visibiliser les bénéfices issus de l’intangible? Valoriser l’intangible?
  20. c’est quoi être intentionnel?
  21. comment guider notre intuition de manière à être intentionnel dans nos décisions?
  22. possible de voir les risques et d’agir sur ceux qui sont haut en impact?
  23. ralentir le rythme de travail?
  24. se concerter pour développer une vision commune/fédératrice de la transition socio-écologique
  25. quelle est notre place/force/rôle de notre organisation dans la grande ??
  26. qui sont nos alliés naturels?
  27. qui a besoin de nos forces, nos pouvoirs, maintenant?
  28. qu’est-ce qui a marché? pas marché?
  29. notre organisation du travail nous permet-elle de s’ajuster facilement au changement?
  30. comment incarner la transition socio-écologique au sein de notre organisation?
  31. comment se renouveler?
  32. comment les impératifs de temporalité influencent-elles nos prises de décision?
  33. connaissons-nous notre “forêt qui pousse” pour la célébrer?
  34. comment on accepte de ne plus être dans la performance?
  35. nos actions sont-elle fécondes?
  36. comment est-ce que nos forces contribuent à la robustesse de notre milieu?
  37. comment vivons-nous avec l’inaction?
  38. comment rendre visible le travail de robustesse?
  39. qu’est-ce qu’on gagne à être
    • performant?
    • robuste?
  40. comment accepte-t-on de se détacher de la performance?
  41. que signifie la transition pour vous? vers quoi devons-nous tendre?
  42. à combien sommes-nous prêtes à réduire le nombre d’heures travaillées par semaine?
  43. quelles actions sont prises pour regénérer les forces, volontés de s’engager?
  44. comment on valorise le travail de care, de mise en lien, sans dénaturer?
  45. qu’est-ce qui nous pousse vers la performance/indicateurs clé de performance? qu’est-ce qu’on perd?
  46. si rien n’allait profondément changer, qu’est-ce qui serait déjà à célébrer?
  47. si tu ne fais ta tâche aujourd’hui, est-ce que quelqu’un va mourir?
  48. comment se renouveler?
  49. comment dépasser les impératifs temporels?
  50. comment rendre plus robuste et inspiré maintenant?
  51. vers quoi tendons-nous? c’est quoi la transition socio-écologique?
  52. est-ce que chacun a l’espace pour réfléchir ou les tâches sont-elles segmentées entre “doer” et “thinker”?
  53. comment incarner la transition socio-écologique dans notre travail?
  54. qu’est-ce qui est disponible pour mobiliser sans s’épuiser?
  55. quel équilibre entre le soin (organisationnel) et l’agir?
  56. a-t-on les espaces délibératifs et créatifs nécessaires à la transition socio-écologique?